Gatempes

2013 – 20 coffrets de dix cartes postales sérigraphiées et peintes

Gatempes est la réédition de 10 cartes postales datées de 1914 à 1919, issues de correspondances entre des soldats sur le front et leurs proches.

Ré-éditées en vingt exemplaires, chacune de ces dix cartes est recouverte de peinture du côté de l’image, vingt fois, laissant le verso, le côté du texte, vierge de tout recouvrement et lisible. Chaque coffret, élaboré comme un objet entre le multiple et l’original, en propose une lecture singulière.

gravilo princip

Gavrilo Princip ou le goût de la cerise est un dispositif in situ, composé de deux peintures à fresque, le temps d’une exposition. Deux images ont été utilisées. L’une est extraite du film Le goût de la cerise d’Abbas Kiarostami.
Il s’agit d’une séquence d’images du tournage insérée au sein de la narration. On y voit des soldats lors d’une pause que leur accorde Kiarostami, images furtives et joyeuses, au bord d’une colline. La seconde est un fragment d’une photographie trouvée sur Wikipédia: l’arrestation de Gavrilo Princip à Sarajevo. Seul le bas de l’image est conservé, les jambes des différents protagonistes.
Ces deux images sont le premier événement, le moteur du dispositif. Il s’agit ensuite de leur distanciation par la peinture, de la disparition des figures, de produire comme une muraille de peinture qui fait écran.
Enfin, l’utilisation d’une technique archaïque et pérenne, la peinture à fresque, dans une perspective éphémère (les fresques sont démolies à la fin de l’exposition) est le dernier jeu de ces « matérialités » et « fictions ».

impression

« Belle expérience sensorielle dans l’exposition “Retour de Skopje” (Galerie Château de Servières) où une salle est consacrée à deux oeuvres d’Anne-Charlotte Depincé. D’un côté une grande huile : Suite et lit de 2009, en face, une fresque de 2010, Sans titre, impression, reprenant, en miroir et in situ, le thème central de la peinture. La sensation vivifiante tient au dialogue des deux. Le dispositif demande au corps du regardeur de tourner sur lui-même, avant d’être irrésistiblement attiré par la fresque qui porte ici très exactement son nom. Il y a là, à la fois, une fraîcheur de jeune fille au teint de pêche, et la matière présente du plier, déplier, replier de Gilles Deleuze. Comme si dipingere a fresco trouvait la magie de révéler la sensualité du concept. »
Jean-Louis Marcos, in www.7000.articulations.fr, avril 2010

la manière noire

© Copyright Anne-Charlotte Depincé 2019